Mémantine et Alzheimer : efficacité, remboursement et effets indésirables
La mémantine est un médicament indiqué dans les formes modérément sévères à sévères de la maladie d’Alzheimer. Elle agit sur certains symptômes, sans guérir la maladie ni stopper son évolution. Sa prescription demande un suivi médical régulier, car son bénéfice varie selon les personnes.
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À quoi sert la mémantine dans la maladie d’Alzheimer ?
La mémantine agit sur les récepteurs NMDA, des structures cérébrales impliquées dans la transmission d’un messager chimique, le glutamate. Un excès d’activité de ce système peut contribuer à la souffrance des neurones. Le médicament vise à réguler cette activité.
Son autorisation concerne le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer modérément sévère à sévère. La mémantine peut aider certaines personnes à préserver temporairement des capacités du quotidien, le comportement ou les fonctions cognitives, c’est-à-dire la mémoire, le langage et le raisonnement.
La réponse reste souvent limitée et difficile à mesurer au niveau individuel. Les recommandations et le résumé des caractéristiques du produit de l’ANSM présentent donc ce traitement comme une option à réévaluer, avec les proches et le médecin, selon des objectifs concrets : toilette, repas, communication, apaisement ou maintien à domicile.
Quelle efficacité attendre de la mémantine Alzheimer ?
Il n’existe pas de « meilleur médicament » valable pour toutes les personnes touchées par Alzheimer. Dans les études, la mémantine montre en moyenne un effet modeste sur les symptômes chez des personnes ayant une maladie modérée à sévère. Cet effet ne permet pas de prédire le résultat pour une personne donnée.
Le médecin peut la prescrire seule ou l’associer, dans certaines situations, à un inhibiteur de l’acétylcholinestérase, comme le donépézil. Ces médicaments répondent à des mécanismes différents. L’association accroît aussi le besoin de surveiller la tolérance et la charge des traitements.
Repère pratique : une amélioration nette n’est pas attendue chez tout le monde. Un traitement utile peut aussi se traduire par une stabilité temporaire de symptômes qui se dégradaient. Toute évaluation doit tenir compte de l’évolution naturelle de la maladie et du vécu de la personne.

Prise et suivi : des ajustements progressifs
La mémantine se prend habituellement une fois par jour. La dose est augmentée par paliers, souvent sur quatre semaines, afin d’atteindre la dose d’entretien prévue par le prescripteur, généralement 20 mg par jour. Il faut suivre l’ordonnance et ne jamais modifier la dose seul.
Une insuffisance rénale, c’est-à-dire un fonctionnement diminué des reins, peut nécessiter une dose plus faible. Le médecin vérifie aussi les autres traitements, les antécédents d’épilepsie, les maladies cardiaques et les variations importantes de régime alimentaire ou d’état de santé pouvant modifier l’élimination du médicament.
Un rendez-vous de suivi permet de faire le point sur les effets indésirables, l’autonomie, l’humeur, le sommeil et la sécurité à domicile. Un aidant peut noter les changements observés, avec des dates et des exemples précis. Ces informations aident davantage qu’une impression générale.
Effets indésirables possibles et situations d’urgence
Les effets indésirables les plus fréquents signalés avec la mémantine sont les vertiges, les maux de tête, la somnolence, la constipation, l’essoufflement et une hausse de la tension artérielle. Une confusion, des hallucinations, une agitation ou une fatigue inhabituelle peuvent aussi survenir, notamment chez des personnes fragiles.
Ces manifestations peuvent avoir d’autres causes : infection, douleur, déshydratation, chute, trouble du sommeil ou interaction médicamenteuse. Le pharmacien ou le médecin doit être sollicité rapidement avant d’arrêter le traitement, sauf consigne médicale contraire.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de difficulté à respirer, gonflement du visage, malaise sévère, perte de connaissance ou signes d’accident vasculaire cérébral.
- Consultez sans délai après une chute avec traumatisme, une confusion brutale, des hallucinations nouvelles ou une agitation mettant la personne en danger.
- Évitez la conduite et les activités à risque en cas de vertiges, de somnolence ou de troubles de l’attention.
- Situation d’urgence — Appelez le 15 ou le 112.
- Symptôme nécessitant une consultation sans délai — Consultez sans délai. Ces manifestations peuvent aussi avoir d’autres causes, comme une infection, une douleur, une déshydratation ou une interaction médicamenteuse.
- Effet indésirable ou trouble de vigilance possible — Évitez la conduite et les activités à risque. Sollicitez rapidement le pharmacien ou le médecin avant d’arrêter le traitement, sauf consigne médicale contraire.
- Pas de signe d’alerte parmi ces situations — Poursuivez le suivi prévu et notez les changements observés avec des dates et des exemples précis.
La mémantine est-elle remboursée en France ?
En France, les médicaments symptomatiques de la maladie d’Alzheimer, dont la mémantine, ne sont plus remboursés par l’Assurance Maladie depuis le 1er août 2018. Ils restent disponibles sur ordonnance. Le prix varie selon la spécialité et la pharmacie ; une complémentaire santé peut prévoir une prise en charge, selon le contrat.
Cette absence de remboursement ne signifie pas qu’un médecin ne peut plus la prescrire. La décision repose sur la situation clinique, les effets attendus et les effets observés. Le pharmacien peut indiquer le prix, l’existence d’un générique et les modalités éventuelles de couverture complémentaire.
Mémantine Alzheimer : ce qu’il faut retenir
La mémantine Alzheimer traite certains symptômes des formes modérément sévères à sévères, avec un bénéfice souvent modeste et variable. Elle ne ralentit pas de façon démontrée la progression de la maladie. Sa pertinence se juge au fil du temps, à partir d’objectifs adaptés à la personne.
L’accompagnement reste essentiel : suivi médical, prévention des chutes, adaptation du logement, soutien des aidants et prise en charge des douleurs ou troubles associés. La Haute Autorité de santé et l’ANSM rappellent l’intérêt d’une évaluation globale, au-delà du seul traitement médicamenteux.