Comprendre Alzheimer et mieux accompagner

Plans Alzheimer en France : mesures, bilan et dispositifs actuels

Le plan Alzheimer France désigne plusieurs politiques publiques successives consacrées à la maladie d’Alzheimer. Depuis septembre 2025, elles s’inscrivent dans la Stratégie nationale Maladies neurodégénératives (MND) 2025-2030, qui concerne aussi Parkinson, la sclérose en plaques et d’autres maladies proches.

Cette stratégie fixe un cadre national. Elle ne remplace pas l’évaluation médicale, ni les démarches individuelles auprès du médecin traitant, du département ou de la caisse d’Assurance Maladie.

Faites le point sur les démarches utiles ↓

Des plans Alzheimer à la stratégie MND 2025-2030

La France a mené un premier plan Alzheimer de 2001 à 2005, puis un plan Alzheimer 2008-2012, souvent cité pour ses 44 mesures. Un troisième plan, couvrant la période 2014-2019, a élargi l’action aux maladies neurodégénératives.

Le plan de 2008-2012 a renforcé la recherche, les consultations mémoire et les dispositifs destinés aux proches. Il a aussi soutenu les équipes spécialisées Alzheimer (ESA), qui peuvent intervenir à domicile sur prescription pour préserver les capacités dans les actes du quotidien.

Le 4 septembre 2025, le Gouvernement a lancé la Stratégie nationale MND 2025-2030. Selon le ministère chargé de la Santé, elle comprend six axes et 37 mesures, construits avec des associations, des professionnels, des chercheurs et des personnes concernées.

Quelles mesures prévoit le plan Alzheimer France actuel ?

La nouvelle stratégie cherche à mieux informer le public, à faire reculer les préjugés et à repérer les troubles plus tôt. Un oubli isolé ne permet pas de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer : le médecin évalue surtout la répétition des difficultés et leur effet sur la vie quotidienne.

Le texte prévoit aussi d’améliorer l’accès au diagnostic, aux soins et à l’accompagnement sur l’ensemble du territoire. Les consultations mémoire hospitalières et les centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR) gardent un rôle clé pour les situations complexes ou les diagnostics incertains.

  • développer la prévention et le repérage précoce ;
  • soutenir la recherche et l’accès à l’innovation, dans un cadre évalué ;
  • adapter les parcours de soins et l’accompagnement à domicile ;
  • mieux accompagner les aidants ;
  • améliorer l’accueil en établissement et la coordination locale ;
  • faire évoluer le regard porté sur les maladies neurodégénératives.

Ces orientations donnent une direction, mais leur mise en œuvre dépend des moyens alloués, des agences régionales de santé et des acteurs de chaque territoire. Les délais de rendez-vous en consultation mémoire et l’accès aux solutions de répit restent inégaux selon les départements.

Plans Alzheimer en France : mesures, bilan et dispositifs actuels

Quel bilan tirer des plans précédents ?

Les plans ont rendu la maladie plus visible et structuré une partie de l’offre. Ils ont contribué à la création ou au renforcement de consultations mémoire, d’ESA, d’unités cognitivo-comportementales (UCC) à l’hôpital et de pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) en établissement.

Les UCC accueillent temporairement des personnes ayant des troubles du comportement difficiles à gérer. Les PASA proposent, dans certains EHPAD, des activités adaptées en journée aux résidents présentant des troubles cognitifs modérés.

Le bilan reste contrasté. Les associations et rapports publics signalent des parcours parfois complexes, une coordination insuffisante entre ville, hôpital et médico-social, ainsi qu’une charge élevée pour les aidants. Une stratégie nationale ne garantit donc pas à elle seule une aide disponible près de chez soi.

Les dispositifs à mobiliser pour la personne malade et ses proches

Le médecin traitant reste le premier interlocuteur face à des troubles de mémoire ou de comportement. Il peut organiser un bilan, orienter vers une consultation mémoire et établir, si la situation le justifie, une demande d’affection de longue durée (ALD).

L’ALD permet une prise en charge à 100 % du tarif de l’Assurance Maladie pour les soins liés à la maladie reconnue. Elle ne couvre pas automatiquement tous les frais : dépassements d’honoraires, aide à domicile, hébergement et certains transports peuvent rester à payer.

  • APA : l’allocation personnalisée d’autonomie aide à financer une partie de l’aide à domicile ou du tarif dépendance en EHPAD ; elle se demande auprès du conseil départemental.
  • ESA : ces professionnels interviennent à domicile après prescription médicale, pour un accompagnement limité dans le temps.
  • Accueil de jour et hébergement temporaire : ils offrent des activités à la personne malade et des temps de répit aux proches.
  • DAC : le dispositif d’appui à la coordination aide à organiser les situations de santé complexes sur un territoire.

Démarche utile : préparez les rendez-vous avec une liste des changements observés, des traitements en cours et des difficultés concrètes : repas, finances, trajets, sommeil ou sécurité au domicile. Ce relevé aide le médecin à comprendre la situation.

Après l’annonce du diagnostic, le suivi se construit dans la durée avec le médecin traitant, le neurologue, le gériatre ou le psychiatre selon les besoins. Ce guide sur l’organisation du suivi médical après l’annonce de la maladie peut aider à préparer les premières étapes.

Démarches à engager selon la situation
  • Noter les changements observés et les difficultés concrètes
  • Préparer la liste des traitements en cours
  • Prendre rendez-vous avec le médecin traitant
  • Demander une orientation vers une consultation mémoire si nécessaire
  • Se renseigner sur l’APA auprès du conseil départemental
  • Demander l’intervention d’une ESA sur prescription médicale
  • Contacter le DAC en cas de situation de santé complexe
  • Rechercher un accueil de jour ou un hébergement temporaire pour le répit
En cas de danger immédiat, d’errance dangereuse ou d’épuisement sévère de l’aidant, contactez le 15 ou le 112.

Plan Alzheimer France : ce qu’il faut retenir

Le plan Alzheimer France a évolué vers une stratégie plus large, consacrée aux maladies neurodégénératives. La feuille de route 2025-2030 vise un diagnostic plus accessible, un accompagnement mieux coordonné, un soutien renforcé aux aidants et une recherche active.

Face à une perte d’autonomie, il faut engager les démarches sans attendre que la situation devienne urgente : médecin traitant, service social, conseil départemental et structures locales peuvent intervenir de façon complémentaire. En cas de danger immédiat, d’errance mettant la personne en danger ou d’épuisement sévère de l’aidant, contactez le 15 ou le 112.