Perte d’équilibre et Alzheimer : existe-t-il un lien ?
Une perte d’équilibre peut survenir chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle augmente le risque de chute et peut compliquer les déplacements au quotidien. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de diagnostiquer la maladie.
Un déséquilibre récent, brutal ou associé à d’autres symptômes doit être évalué rapidement. Plusieurs causes fréquentes et parfois traitables peuvent l’expliquer : médicament, trouble de l’oreille interne, baisse de la vue, problème cardiaque ou accident vasculaire cérébral (AVC).
Sécurisez chaque pièce pour limiter les chutes ↓
Quel lien entre perte d’équilibre et maladie d’Alzheimer ?
La maladie d’Alzheimer atteint progressivement les fonctions du cerveau impliquées dans la mémoire, l’orientation, l’attention et l’organisation des gestes. À certains stades, ces difficultés peuvent perturber la marche, l’estimation des distances et la réaction face à un obstacle.
La personne peut hésiter dans un lieu connu, avoir du mal à tourner, oublier d’utiliser une canne ou se lever trop vite. Les troubles de l’équilibre et de la marche sont aussi décrits dans d’autres maladies neurodégénératives, parfois plus précocement que dans Alzheimer.
Les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) invitent à rechercher les causes multiples des chutes chez les personnes âgées. Une chute répétée mérite donc un bilan global, sans l’attribuer d’emblée aux troubles cognitifs.
Pourquoi les chutes sont-elles plus fréquentes ?
Le risque résulte souvent de plusieurs facteurs qui se cumulent. La maladie peut réduire l’attention portée à l’environnement, tandis que l’âge, la faiblesse musculaire ou certaines maladies chroniques fragilisent l’équilibre.
- Désorientation : la personne repère moins bien une marche, un tapis, un seuil ou un changement de lumière.
- Troubles de la marche : pas plus courts, demi-tour instable, difficulté à coordonner plusieurs actions.
- Vision et audition diminuées : les repères sensoriels deviennent moins fiables.
- Médicaments : somnifères, anxiolytiques, certains traitements de la tension ou du diabète peuvent favoriser malaise et somnolence.
- Inactivité : la perte de force des jambes et la peur de tomber entretiennent un cercle défavorable.
Des vertiges peuvent aussi coexister, mais ils ne constituent pas un symptôme caractéristique d’Alzheimer. Un vertige donne souvent la sensation que la pièce tourne ou que le corps bascule ; il faut en préciser les circonstances au médecin.

Perte d’équilibre : les signes qui imposent d’appeler le 15
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si le déséquilibre apparaît brutalement, surtout avec une faiblesse d’un bras ou d’une jambe, un visage asymétrique, des troubles de la parole, une vision inhabituelle ou un mal de tête intense. Ces signes peuvent évoquer un AVC et chaque minute compte.
Une consultation urgente est également nécessaire après une chute avec choc à la tête, perte de connaissance, douleur importante, impossibilité de se relever ou confusion nouvelle. Le risque est plus élevé en cas de traitement anticoagulant, même si la personne semble aller bien après le choc.
À faire après une chute sans signe d’urgence : noter l’heure, le lieu, l’activité en cours, les chaussures portées, les symptômes ressentis et les médicaments pris. Ces éléments aident le médecin à identifier une cause et à prévenir une récidive.
Comment réduire le risque à domicile ?
La prévention repose sur des mesures concrètes, adaptées aux capacités de la personne et à son logement. L’objectif est de sécuriser les déplacements tout en préservant l’autonomie et les habitudes de vie.
- Retirer les tapis glissants, fils au sol et petits meubles qui encombrent les passages.
- Installer un éclairage suffisant, avec veilleuse entre la chambre et les toilettes.
- Faire vérifier la vue, l’audition et le chaussage ; privilégier des chaussures fermées qui tiennent le pied.
- Prévoir des barres d’appui dans la salle de bains et une rampe solide dans les escaliers.
- Maintenir une activité physique encadrée selon l’état de santé : marche accompagnée, exercices d’équilibre ou kinésithérapie.
Un kinésithérapeute peut évaluer la marche, travailler le renforcement musculaire et conseiller une aide technique. Canne ou déambulateur doivent être réglés et appris avec un professionnel : un matériel mal adapté peut gêner davantage.
- Retirer les tapis glissants, fils au sol et meubles encombrants
- Installer un éclairage suffisant et une veilleuse nocturne
- Faire vérifier la vue, l’audition et le chaussage
- Privilégier des chaussures fermées qui tiennent le pied
- Prévoir des barres d’appui et une rampe solide
- Maintenir une activité physique encadrée adaptée
- Faire régler canne ou déambulateur par un professionnel
Préparer le rendez-vous médical
Le médecin traitant recherche les circonstances des chutes, mesure la tension couchée et debout, examine la marche et revoit les traitements. Il peut orienter vers un gériatre, un neurologue, un ORL ou un kinésithérapeute selon les résultats.
Pour une personne vivant avec Alzheimer, il est utile qu’un proche accompagne le rendez-vous, avec son accord. Le suivi régulier aide à ajuster les soins, les aides et l’organisation du quotidien ; ce guide pour organiser le suivi médical après l’annonce d’Alzheimer peut servir de repère.
Perte d’équilibre Alzheimer : ce qu’il faut retenir
La perte d’équilibre peut accompagner l’évolution d’Alzheimer, notamment lorsque l’orientation, l’attention et la marche deviennent plus difficiles. Elle a souvent plusieurs causes associées, dont certaines peuvent être corrigées ou limitées.
Une chute, un vertige répété ou une marche qui change justifient d’en parler au médecin. En cas de début brutal ou de signes neurologiques, contactez sans attendre les secours.