Nouveaux traitements d’Alzheimer : où en est la recherche ?
Les nouveaux traitements d’Alzheimer progressent, surtout avec des médicaments qui visent la protéine bêta-amyloïde. Ils peuvent ralentir modestement l’évolution chez certaines personnes au tout début de la maladie. Aucun traitement ne guérit aujourd’hui la maladie d’Alzheimer ni ne restaure les neurones déjà détruits.
Le lécanémab : une avancée encadrée
Le lécanémab, commercialisé sous le nom de Leqembi, est un anticorps monoclonal : un médicament conçu pour reconnaître une cible précise. Il se fixe sur les amas de bêta-amyloïde présents dans le cerveau, appelés plaques amyloïdes, afin d’en favoriser l’élimination.
La Commission européenne a autorisé Leqembi en avril 2025 pour une population restreinte : des personnes ayant un trouble cognitif léger ou une démence légère due à Alzheimer, avec une amyloïde confirmée et sans certains facteurs de risque génétiques. Une autorisation européenne ne signifie pas automatiquement un accès courant ni un remboursement dans chaque pays.
Dans l’essai clinique principal, le lécanémab a ralenti le déclin cognitif et fonctionnel d’environ 27 % sur 18 mois par rapport au placebo. Ce résultat décrit une moyenne de groupe. Il ne permet pas de prévoir avec certitude le bénéfice pour une personne donnée.
Pourquoi ce traitement impose une sélection rigoureuse
Le lécanémab s’administre par perfusion régulière et demande un suivi en centre spécialisé. Avant et pendant le traitement, les médecins vérifient le diagnostic par des examens des biomarqueurs, c’est-à-dire des signes mesurables de la maladie, et réalisent plusieurs IRM cérébrales.
Cette surveillance vise notamment les ARIA, des anomalies visibles à l’IRM liées à des gonflements ou à de petits saignements dans le cerveau. Elles sont souvent sans symptôme, mais peuvent parfois provoquer maux de tête, confusion, troubles visuels, convulsions ou complications graves.
- Le risque d’ARIA est plus élevé chez les personnes porteuses de deux copies du gène APOE ε4.
- Les traitements anticoagulants et certains antécédents de saignement cérébral doivent être évalués avec une attention particulière.
- Ces médicaments ne sont pas destinés aux formes modérées ou sévères de la maladie.
Une confusion brutale, une faiblesse d’un côté du corps, un trouble soudain de la parole, une crise convulsive ou un mal de tête intense justifient d’appeler le 15 ou le 112. Ces signes peuvent relever d’une urgence neurologique, quelle qu’en soit la cause.

Et le donanémab ?
Le donanémab est un autre anticorps anti-amyloïde étudié dans les formes précoces d’Alzheimer. Les essais ont également montré un ralentissement moyen du déclin clinique, avec un risque d’ARIA comparable qui impose des règles de prescription strictes.
Son statut d’autorisation, ses indications et ses conditions d’accès peuvent évoluer selon les décisions européennes et françaises. L’Agence européenne des médicaments, l’Agence nationale de sécurité du médicament et la Haute Autorité de santé publient les informations de référence. Le neurologue ou le gériatre peut expliquer ce qui est réellement accessible dans le parcours de soins.
Les autres pistes de recherche
La recherche ne se limite pas à l’amyloïde. Des équipes évaluent des traitements dirigés contre la protéine tau, qui s’accumule à l’intérieur des neurones, ainsi que des approches contre l’inflammation cérébrale, les troubles vasculaires et les mécanismes métaboliques.
Les biomarqueurs sanguins constituent une avancée pratique attendue. Ils pourraient aider à repérer plus tôt les personnes qui ont besoin d’examens spécialisés, sans remplacer à ce stade l’évaluation clinique, les tests de mémoire et les examens de confirmation.
La prévention fait aussi l’objet d’études : activité physique adaptée, contrôle de l’hypertension et du diabète, arrêt du tabac, liens sociaux et correction d’une baisse de l’audition. Ces mesures soutiennent la santé cérébrale et générale ; elles ne garantissent pas d’éviter Alzheimer.
Ce qui aide dès maintenant au quotidien
Les nouveaux médicaments ne remplacent pas l’accompagnement médical, social et familial. Une évaluation régulière permet d’ajuster les aides, de traiter l’anxiété, les troubles du sommeil ou la douleur, et de préserver les capacités restantes sans mettre la personne en échec.
Après l’annonce du diagnostic, un calendrier clair réduit souvent l’incertitude : médecin traitant, consultation mémoire, examens prévus et interlocuteur référent. Ce guide pour organiser le suivi médical après l’annonce d’Alzheimer peut aider à préparer les rendez-vous et les questions à poser.
Nouveaux traitements Alzheimer : ce qu’il faut retenir
Le lécanémab marque une étape, car il agit sur un mécanisme de la maladie et ralentit son évolution chez des patients très sélectionnés. Son bénéfice reste modeste et sa sécurité exige des examens, des IRM et une décision partagée avec une équipe expérimentée.
Face à une annonce de « traitement miracle », mieux vaut demander pour quelle forme de maladie, à quel stade, avec quels effets mesurés et quels risques. Un professionnel qui connaît le dossier médical peut déterminer si un essai clinique, un traitement ou un suivi spécialisé a du sens.